Les parasitoïdes oophages, des ressources "stratégiques" pour le futur

Initiées dans les années 1970 à Antibes, les recherches d’INRAE sur les trichogrammes ont transformé une piste scientifique en solution concrète afin de lutter contre la pyrale du maïs. Au-delà de ce succès, les recherches sur les trichogrammes se sont prolongées et diversifiées à l’interface entre lutte biologique et écologie évolutive. Innovations scientifiques, création d’une filière industrielle, réduction de l’usage des pesticides et évolution des pratiques agricoles témoignent des effets multiples produits par ce minuscule insecte devenu un allié des cultures. Une étude ASIRPA publiée récemment retrace les impacts de ces travaux et révèle une trajectoire qui dépasse largement le champ de la recherche.

Le trichogramme, une solution de biocontrôle efficace contre la pyrale du maïs

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Micro-hyménoptère (moins de 1 mm à l’état adulte), le trichogramme est l’exemple même d’un parasitoïde oophage. La femelle pond en effet ses œufs dans les œufs d’une autre espèce, cet œufhôte servant de gîte et de couvert pour la larve du trichogramme qui s’y développe et s’y métamorphose en adulte.

Le trichogramme… ou plutôt les trichogrammes, puisqu’il s’agit du genre Trichogramma, qui comprend probablement plus de 200 espèces au niveau mondial. Parmi ces espèces, figure T. brassicae, une espèce sur laquelle se sont concentrées les recherches dès les années 1970 pour lutter contre la pyrale du maïs, le principal ravageur des cultures de maïs. Ces investigations ont permis d’approfondir la connaissance de la diversité des parasitoïdes, d’améliorer leurs méthodes d’élevage industriel et de mettre au point des outils de prévision du risque. Un partenariat initié en 1977 avec l’Union nationale des coopératives d’approvisionnement (UNCAA) a transformé les résultats scientifiques en solutions opérationnelles, aboutissant à la création d’une société industrielle de production de trichogrammes au début des années 1990. Aujourd’hui, en France, environ 120 000 hectares de maïs sont protégés chaque année grâce à ce biocontrôle, limitant l’usage de pesticides et les impacts environnementaux.

Le CRB EP-Coll, héritier d’une longue tradition INRAE

De par leur double intérêt (auxiliaires de lutte biologique et organismes modèles), les trichogrammes et, plus généralement, les parasitoïdes oophages peuvent raisonnablement être considérés comme une ressource "stratégique" pour le futur. Au-delà de la "simple" conservation de souches, cela nécessite donc de mettre en place une organisation collective et de mobiliser des compétences scientifiques, techniques et organisationnelles complémentaires.

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Le Centre de Ressources Biologiques "Egg Parasitoids Collection" (EP-Coll), membre du pilier BRC4ENV de RARe, s'inscrit dans cette logique avec des activités d’acquisition, de conservation, de caractérisation et de distribution de souches de trichogrammes vivants. 
Si le CRB EP-Coll s'est jusqu'à présent concentré sur le genre Trichogramma, l'ouverture à d'autres familles et genres de parasitoïdes oophages est un objectif à moyen et long termes.

Contact : 

Référence : Christine Douchez, Nicolas Ris, Cécilia Multeau, Jacques Frandon. Lutte biologique contre la pyrale du maïs : efficacité et succès des trichogrammes. INRAE. 2026, pp.28. ⟨hal-05662275⟩